La plainte sera entendue le 2 décembre

C'est le 2 décembre que la Commission des relations du travail entendra les plaintes contre la Ville de Québec et le maire Régis Labeaume

 

En avant-plan, Daniel Simard, président par intérim du syndicat des cols bleu de Québec, lors du point de presse du vendredi 18 octobre 
Photo Clément Allard
La Commission des relations du travail du Québec (CRT) vient de convoquer la Ville de Québec et le Syndicat des cols bleus à une audience qui se tiendra le 2 décembre, à compter de 9h30. 

 

Cette convocation fait suite aux plaintes signifiées plus tôt ce matin à la Ville de Québec et à son maire Régis Labeaume. Ce sont des plaintes pour ingérence dans les affaires syndicales et pour négociation de mauvaise foi en vertu, notamment, des articles 12 et 53 du Code du travail du Québec. Cette requête a été transmise à la Commission des relations du travail du Québec (CRT), le tribunal spécialisé en cette matière. 

Vendredi, le Syndicat des cols bleus (SCFP 1638) et le SCFP avaient mis en demeure le maire Régis Labeaume de retirer les propos qu'il avait tenus à leur endroit. 

Loin de se rétracter, le maire a assumé pleinement ses propos. En point de presse vendredi (18 octobre), il a déclaré: «On a bien choisi nos mots, on a pesé nos mots et on ne reviendra pas là-dessus.» 

Du côté syndical, on rappelle que les employés cols bleus essuient régulièrement les remontrances, les insultes et les sarcasmes de citoyens. Pour les représentants syndicaux, il est clair que les déclarations incendiaires de Régis Labeaume y sont pour quelque chose. 
 

D'autres poursuites sont présentement en préparation ‎par les avocats du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui procèdent à l'évaluation des dommages subis par les syndicats et les salariés. 

 

Signalons que le 10 septembre, la Ville de Québec suspendait unilatéralement les négociations en cours avec les syndicats de ses employés. Pour justifier cette décision, le maire Régis Labeaume avait déclaré en point en presse : «On ne veut pas que le syndicat se serve de la campagne électorale pour faire pression sur nous autres.» Depuis cette date, il a fait des négociations avec ses employés le thème principal de sa campagne. 

La mise en demeure du SCFP et des cols bleus demandait au maire de Québec de se rétracter «et de cesser de profaner la réputation» des cols bleus et de leurs syndicats. On pouvait aussi y lire aussi que les propos de Régis Labeaume, notamment ceux tenus et diffusés le 15 octobre, sont «mensongers et diffamatoires et ne visent qu'à une seule chose : ternir gratuitement la réputation de notre client, son intégrité, sa crédibilité et sa probité pour […] des fins bassement électorales.» 

Les cols bleus de Québec sont au nombre d'environ 1100. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre 2010. 

Les négociations entre la Ville de Québec et ses cols bleus ont commencé en février 2011. Depuis cette date, les parties syndicale et patronale ont tenu 40 séances de négociation, dont 31 en présence d’une médiatrice nommée par le ministère du Travail. Du 24 mai 2012 au 21 décembre 2012, les cols bleus ont exercé une grève des heures supplémentaires. Ils n’avaient pas exercé de droit de grève depuis plus de 25 ans. 

Comptant plus de 111,000 membres au Québec, le SCFP représente environ 70 % de l’ensemble des employés municipaux au Québec, soit 30,500 membres. Le SCFP est de plus présent dans les secteurs suivants: les affaires sociales, les communications, l’éducation, l’énergie, les sociétés d’État et organismes publics, les transports aérien et urbain, le secteur mixte ainsi que les universités.